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Scubo.fr

Polynésie Niveau 2 Courant

Les Canyons d'Opunohu

Tôt le matin, l'océan est d'huile au-dessus des Canyons d'Opunohu à Moorea, un site de plongée réputé pour ses majestueux requins citrons et ses paisibles tortues imbriquées.

Profondeur Max 20 mètres
Objectif Principal Gestion de l'effort
Lieu exact Moorea

Le Briefing

Vous formez une palanquée de deux plongeurs Niveau 2 en autonomie. Le bateau est amarré sur la bouée au-dessus du tombant. Lors du briefing, le directeur de plongée (DP) est clair :

"On a une eau cristalline avec 40 mètres de visibilité. Descendez le long du mouillage. Actuellement, le courant est nul, mais sur la pente externe, il peut se lever très vite et longer le récif. Si ça forcit, ne vous épuisez pas à revenir au bateau. Vous avez tous un parachute, on viendra vous chercher."

Carnet de plongée

La descente est magique. L'eau est si claire que vous distinguez le fond dès la surface. En longeant les failles coralliennes à 18 mètres, un requin à pointes noires passe nonchalamment dans le bleu. Quelques mètres plus loin, vous croisez une tortue imbriquée concentrée à grignoter une éponge, totalement indifférente à votre présence. Le spectacle est hypnotique.

L'événement inattendu

Après 20 minutes d'émerveillement, le décor change. Les petits poissons anthias qui virevoltaient au-dessus des coraux se plaquent soudainement contre le récif : le courant vient de se lever brutalement.

Votre binôme, qui s'était un peu éloigné pour filmer une murène javanaise, se rend compte que le bateau est loin derrière vous. Pris d'un coup de stress, il se met à palmer de toutes ses forces contre le courant pour faire demi-tour. Quelques instants plus tard, il s'arrête, s'agrippe à une roche morte. Ses yeux sont écarquillés derrière le masque, sa poitrine se soulève violemment, et de grosses bulles saccadées s'échappent de son détendeur : c'est un essoufflement sévère.

À vous de jouer : Analyse & Décision

Question 1 : Face à l'essoufflement de votre binôme, quelle est votre toute première action vitale ?

Question 2 : Une fois la crise passée, comment gérez-vous la fin de plongée sachant que le courant est trop fort pour rentrer au mouillage ?

Voir les solutions du scénario +

Solution 1 : Arrêter l'effort et rassurer. Il faut stopper la cause de l'essoufflement : le palmage à contre-courant. Approchez-vous de votre binôme, accrochez-vous au récif (sur une zone sans corail vivant) ou abritez-vous derrière une patate de corail. Prenez-le par le gilet, croisez son regard, et faites-lui signe de souffler longuement pour forcer l'expiration et casser la mécanique de l'essoufflement.

Solution 2 : Renoncer au bateau et utiliser le parachute. On n'insiste jamais contre le courant. L'essoufflement indique que la plongée est terminée. Signalez la fin de plongée, détachez-vous du fond et laissez-vous dériver. En pleine eau, sortez votre parachute de palier, gonflez-le et effectuez une remontée en dérive. Le DP, en surface, verra le parachute se déplacer et viendra vous récupérer avec le bateau une fois votre palier terminé.

Le mot du pro

Dans les passes ou sur les tombants exposés, le briefing du DP est un contrat de sécurité. Si la consigne est "ne luttez pas et sortez le parachute", il faut l'appliquer sans aucun sentiment d'échec. Un bon plongeur autonome n'est pas celui qui ramène le bateau à la force de ses mollets, c'est celui qui sait renoncer à temps pour préserver sa physiologie.